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La résidence

Le Collège de France accueille pour la première fois, en 2017-2018, un artiste en résidence : le photographe Mathieu Pernot. Pour une institution attachée à promouvoir une recherche désintéressée et à la rendre sensible à tous, il s’agit d’offrir à un artiste la possibilité de développer une expérimentation, de laisser une trace de son passage.

Mathieu Pernot était déjà en contact avec le Collège de France à la suite de la présentation de ses Cahiers afghans dans l’exposition accompagnant le colloque de rentrée « Migrations, réfugiés, exil » organisé à l’automne 2016 avec la collaboration du Musée national de l’histoire de l’immigration. En effet, Mathieu Pernot travaille depuis plusieurs années à recueillir des récits auprès des populations marginalisées ou réfugiées en produisant des formes qui sortent des catégories traditionnelles du champ de l’art ou de la production du savoir. Les récits des migrants ainsi « exposés », non seulement nous disent la fragilité des situations vécues, mais viennent s’inscrire dans l'histoire des grands textes et des cultures dont ils deviennent les messagers.

Cahiers afghans

Extrait des Cahiers afghans, Mathieu Pernot

La résidence a été imaginée sur un temps long (9 mois) pour permettre à l’artiste non pas de simplement présenter ce qui fut accompli mais de développer sur place un travail nouveau et de l’utiliser pour tisser des liens avec un lieu et ceux qui le fréquentent.

Les migrants dans le travail de Mathieu Pernot 

L’œuvre de l’artiste s’inscrit entre la photographie documentaire et le travail d’enquête historique. L’idée de traversée, de déplacement et de passage, thèmes très présents dans son travail, était au cœur de l’exposition rétrospective intitulée La traversée présentée au Jeu de Paume en 2014.

Ainsi, lors d’un précédent projet en 2012, Mathieu Pernot propose à deux réfugiés afghans, Jawad et Masour, d’écrire le récit de leur voyage sur des cahiers d’écolier. Ces textes témoignent de la richesse et de la diversité de leurs cultures et de leurs langues d’origine et les font dépositaires d'une histoire des civilisations. Des cartes retraçant leur périple sont aussi réalisées.

Ce travail de collecte a pour vocation de constituer un « monument » dédié à l'histoire contemporaine des migrations. Il sera poursuivi au Collège de France en collaboration avec les professeurs, chercheurs et bibliothèques de l’Institut des civilisations qui regroupe les équipes travaillant sur les grandes civilisations et la diversité de leurs langues. En effet, le Collège de France conserve dans ses archives un nombre important d’objets et d’ouvrages traitant de civilisations dont certains migrants sont les héritiers et compte de nombreux professeurs spécialistes de l’histoire de ces écritures.

Une résidence de recherche et de création au Collège de France  

Un lieu d’expérimentation

Mathieu Pernot investira le foyer, espace situé au cœur du Collège de France, à proximité de l'entrée du grand amphithéâtre Marguerite de Navarre. Ce lieu traversant deviendra à la fois son laboratoire de recherche et son atelier de création.

La jungle

Photographie de la série La jungle, Mathieu Pernot, foyer du Collège de France
 

Un atelier d'écriture au Collège de France

Le Collège de France accueillera tout au long de l’année un groupe de migrants et de réfugiés encadré par l’association Français Langue d’Accueil, avec laquelle Mathieu Pernot a déjà collaboré. L’atelier se tiendra dans une salle de cours de l'institution. Pour renforcer les liens avec le lieu d’accueil de la résidence, des jeunes chercheurs du Collège de France pourront se joindre au groupe. Les ateliers permettront d'inventer des formes d’expression et d'écriture croisées.

Atelier écriture décembre 2017

Atelier d'écriture du 1er décembre

Des rencontres avec les professeurs

Des échanges seront programmés avec des professeurs du Collège de France à partir des écrits produits dans le cadre de l’atelier. Le collectif travaillera également sur des objets ou des textes conservés dans les archives de l’institution sur lesquels ils pourront livrer un témoignage lié à leur culture ou à leur histoire intime. Les migrants pourront ainsi devenir les vecteurs et passeurs d’un savoir selon une forme qui leur est propre.

Le travail accompli pendant le temps de la résidence sera présenté lors d’une restitution finale en juin dans le grand amphithéâtre Marguerite de Navarre avec des prises de paroles croisées des différents participants. Une publication viendra compléter cette présentation.