La recherche par le projet : au-delĂ  de l'architecture

On parle beaucoup de recherche par le projet aujourd'hui, et cela bien au-delà du monde de l'architecture et de l'urbanisme. Simultanément, le terme design, qui renvoie en Anglais à la pratique du projet sous toutes ses formes, s'est généralisé, puisqu'on trouve désormais des design schools dans les programmes de management ou les écoles d'ingénieur, de l'université de Stanford à celle de Paris-Est. Quelque chose semble se jouer au travers de cette référence insistante au projet comme outil de recherche à part entière, un outil qui permettrait d'accumuler un savoir transmissible et cumulatif ainsi que l'exigent les critères de définition de la connaissance scientifique. Dans le cas de l'architecture, les interrogations relatives à la recherche par le projet rejoignent aussi celles qui ont trait à la thèse de doctorat. À quelles conditions le projet peut-il donc permettre de recueillir un savoir susceptible d'être accumulé et transmis, notamment au travers des doctorats ? L’intervention répondra à cette question en s’interrogeant sur la définition de ce savoir.

Antoine Picon est directeur de recherches à l’École nationale des ponts et chaussées et professeur à la Graduate School of Design de l'université de Harvard. Formé comme ingénieur et architecte, ses travaux portent sur l'histoire des ingénieurs et des techniques ainsi que sur les rapports entre changement scientifique et technique et transformations de l'architecture et de la ville. Depuis 2013, il préside la Fondation Le Corbusier.

À l’occasion de l’exposition L'Art de l'ingénieur, organisée en 1997 par le Centre Pompidou, il a dirigé l’encyclopédie homonyme. Ses nombreux ouvrages comprennent Architectes et ingénieurs au siècle des Lumières (1988), Claude Perrault ou la curiosité d’un classique (1988), L’Invention de l’ingénieur moderne (1992), La Ville territoire des cyborgs (1998), Les Saint-Simoniens, raison, imaginaire et utopie (2002), Culture numérique et architecture ; une Introduction (2010), Ornament. The Politics of Architecture and Subjectivity (2013) et Smart Cities. Théorie et critique d'un idéal auto-réalisateur (2013).